Remise officielle de la chouette harfang

Mardi 6 février 2017, la presse était conviée à l’Espace des Mondes Polaires pour la remise officielle du Harfang des neiges, exposé dans le parcours permanent du musée depuis son ouverture. L’occasion pour Manon Hacquin, chargée de médiation culturelle à l’Espace des Mondes Polaires, et Michel Gauthier-Clerc, directeur de La Garenne (Le Vaud, Suisse), de revenir sur l’histoire de cet animal « passerelle » entre nos 2 établissements.

Le Harfang des Neiges est arrivé au Parc animalier de la Garenne en juin 2006 en provenance du zoo de Fribourg (Suisse). Après avoir coulé des jours heureux à La Garenne, la chouette est décédée le 30 décembre 2014. L’équipe du parc a alors choisi de la conserver en la congelant. En 2015, la rencontre entre Stéphane Niveau, directeur du musée de l’Espace des Mondes Polaires, et Michel Gauthier-Clerc pose les bases d’un partenariat entre les deux structures, alors en pleine évolution et lancées dans un vaste programme de travaux. Pour l’Espace des Mondes Polaires, cette rencontre est une véritable aubaine puisque le projet de musée prévoit d’accueillir un Harfang des Neiges naturalisé et que les collections de l’ancien Centre polaire n’en recèlent pas. Le parc de la Garenne et l’Espace des Mondes Polaires entament alors les démarches pour obtenir les autorisations nécessaires à ce don « international », puis l’animal est préparé par une taxidermiste française basée à Flammerans (Côte-d’Or), Virginie Lanaud-Petot.

Le Harfang des neiges, Bubo scandiacus, est un rapace vivant dans la toundra arctique. En Europe, on le trouve au nord de la Scandinavie et il descend très rarement en France et en Suisse durant l’hiver. Le Québec l’a choisi comme l’oiseau national pour le symboliser. On l’a longtemps appelé « chouette » harfang mais il appartient en réalité au même genre que le Hibou grand-duc qui vit dans nos régions. Les Inuits l’appellent ookpik. Contrairement à beaucoup de hiboux et chouettes, le Harfang chasse à la fois le jour et la nuit, ce qui s’explique par sa vie le plus souvent au-delà du cercle polaire, aux longues durées de jour ou de nuit selon la saison. Le mâle est entièrement blanc, la femelle a des taches brun foncé, qui lui permettent d’être moins visible lorsqu’elle couve des œufs. Le nid est en effet construit au sol dans une petite cuvette, avec un peu d’herbe et de mousse. Il se nourrit surtout de petits rongeurs, en particulier les lemmings, mais également de petits oiseaux, de lièvres ou de renards.

Animal emblématique de l’Arctique, celui-ci trouve sa pleine expression au milieu du parcours permanent du musée de l’Espace des Mondes Polaires. Le don de cet animal a également permis aux deux structures, Espace des mondes Polaires et Garenne, de s’engager sur un partenariat à plus long terme à travers un programme européen transfrontalier : INTERREG France-Suisse. Ce projet, intitulé « Sur les traces des explorateurs », permet aux équipes de se retrouver régulièrement afin de construire des propositions communes d’animations, d’expositions ou de communication, avec pour objectif de sensibiliser le grand public aux enjeux de développement durable et de faire circuler la clientèle touristique entre les deux pays.

La rencontre avec la presse a également été l’occasion d’évoquer, parfois avec humour, les problématiques jurassiennes de gestion des aires protégées du Grand tétras ou encore les différences culturelles entre les explorateurs français et suisses Paul-Émile Victor et Auguste Piccard.

La garenne est un parc animalier situé dans la localité de Vaud, en Suisse, fondé dans les années 1950 par Hervé Meyer et dont l’approche a été profondément renouvelée depuis une quinzaine d’années. Ayant été ré-ouvert ses portes en 2016, le parc est aujourd’hui orienté sur la conservation et la préservation d’espèces locales, avec un développement de l’action pédagogique et du Centre de soin. Dans le cadre de la visite, 3 hectares sont accessibles au public et présentent des races locales conservées dans un but patrimonial et pédagogique (mouton de Saas, poules suisses, chèvres du Tessin…), des animaux locaux recueillis en centre de soin et gardés car plus aptes à la survie en milieu naturel (buses, milans, passereaux, hérissons, écureuils, blaireaux…), des espèces conservées pour la reproduction, en vue d’une potentielle réintroduction en milieu naturel (loups, lynx, gypaètes barbus…). La visite est possible tous les jours. https://www.lagarenne.ch/