Pollution Gallo-romaine

Les hommes modernes ne sont pas les seuls à polluer l’atmosphère. Il y a 2 000 ans déjà, les Romains, en fondant notamment des minerais précieux dans de gigantesques fours d’argile, le faisaient déjà en rejetant du plomb dans le ciel. Et aujourd’hui encore, les glaces du Groenland en subissent les conséquences. Comme ils l’expliquaient dans PNAS le 14 mai, les chercheurs de l’université d’Oxford étudient chaque année des échantillons de glace récoltés sur l’île. Selon eux, la quantité de pollution observée dépend de nombreux événements historiques, notamment les guerres menées par Jules César, qui demandaient de forger plus d’armes et plus d’argent.

Aux époques où le système monétaire, le denier, battait son plein, les échantillons de glace contiennent plus de plomb. Lorsque c’était l’inverse, que l’économie battait de l’aile et que moins d’argent était fondu, les taux de pollution observés aujourd’hui sont moindres. Interrogé par Science Advance, le spécialiste de l’économie romaine Dennis Kehoe décrit « un niveau de détail incroyable » entre la correspondance des fluctuations monétaires d’autrefois et l’état des glaciers d’aujourd’hui.

Les glaces du Groenland et le plomb qu’elles contiennent composent une chronologie exacte de 1 900 ans de pollution romaine, qui était six fois plus élevée lors de l’apogée de l’Empire que pendant sa chute. Heureusement, le Groenland ne contient qu’un cinquantième de ces déchets, le reste s’étant évaporé avec le temps.

Sources : PNAS / Science Advance